Mercier et Camier

Mercier et Camier

Samuel Beckett

Language: French

Pages: 89

ISBN: B01K05M4N0

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Mercier et Camier nous invitent au voyage. La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son œuvre. Le but du voyage de Mercier et Camier n'est guère précis. Il s'agit « d'aller de l'avant ». Ils sont en quête d'un ailleurs qui, par nature même, s'abolit dès qu'il est atteint. Leurs préparatifs ont été extrêmement minutieux, mais rien ne se passe tout à fait comme prévu. Il faut d'abord parvenir à partir, ce qui n'est pas une mince affaire. Il faudra ensuite rebrousser chemin pour moins mal se remettre en route derechef. Il pleuvra énormément tout au long du voyage. Ils n'ont qu'un seul imperméable à se partager et, après maints efforts, leur parapluie refusera définitivement de s'ouvrir. Leur unique bicyclette va bientôt être réduite à peu de chose : on a volé les deux roues. Cependant, mille embûches ne peuvent les faire renoncer à quitter la ville. Mercier et Camier vont nous entraîner par monts et par vaux, et d'auberges en troquets où le whisky redonne courage. C'est qu'il faut du courage pour affronter leurs rencontres souvent périlleuses avec des personnages extravagants, cocasses ou inquiétants, voire hostiles, au point qu'un meurtre sera commis. De quiproquos en malentendus, de querelles en réconciliations, ainsi va le constant dialogue entre Mercier et Camier qui devisent et divaguent chemin faisant. Mercier et Camier sont unis dans l'épreuve et, si différents que soient leurs caractères, ils semblent à jamais indissociables. Cette solidarité survivra-t-elle aux péripéties du voyage ? Où vont-ils aboutir et peuvent-ils demeurer inchangés au terme d'une pérégrination si mouvementée ? Écrit en français en 1946, Mercier et Camier est paru en 1970.

*Note: pour une raison inconnue, Calibre rencontre des problèmes lors de la lecture de cet ebook. Cependant, celui-ci fonctionne parfaitement lorsque utilisé avec d'autres programmes ou une liseuse.

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monsieur Gast. Chez lui ou à l’hôpital ? Je crois qu’il est chez lui, dit le barman, mais je n’en suis pas sûr. Tu n’as pas l’air de savoir grand-chose, dit monsieur Gast. Je m’occupe de mon travail, dit le barman. Il fixa monsieur Gast dans les yeux. De mes devoirs et de mes droits, dit-il. Tu fais bien, dit monsieur Gast. C’est de cette façon qu’on arrive aux suprêmes honneurs. Avec les Gast et consorts on n’a pas besoin de savoir, on peut toujours deviner. Si on me demande, dit monsieur

désespoir de cause. Georges, dit Camier, je veux cinq sandwichs, dont quatre dans un papier et un à part. Vous voyez, dit-il, en se tournant aimablement vers monsieur Conaire, je pense à tout. Car celui que je mangerai ici me prêtera la force nécessaire pour arriver avec les quatre autres. Raisonnement de clerc, dit monsieur Conaire. Vous partez avec vos cinq sandwichs, dans un papier, vous vous sentez subitement défaillir, vous ouvrez le paquet, vous en sortez un sandwich, vous le mangez, vous

s’assoupir, tout porte à le croire. Toujours est-il qu’avant l’aube, bien avant l’aube, l’un d’eux se relève, mettons Mercier, chacun à son tour, et va voir si Camier est toujours là, c’est-à-dire à l’endroit où il croit l’avoir laissé, c’est-à-dire à l’endroit où ils s’étaient laissés tomber en premier lieu, l’un à côté de l’autre. Est-ce clair ? Dommage qu’il n’y ait pas un troisième larron quelque part, avec la subodeur d’un Christ un peu plus loin, canant devant le calice, très trop

Watt, à plusieurs reprises. Mais ils deviennent complètement enragés à la seule vue d’un champ. N’est-ce pas curieux ? Tandis que les vitrines, le béton, le ciment, l’asphalte, la foule, les néons, les pickpockets, les agents, les bordels, toute l’agitation du Bondy métropolitain, cela les calme et les prédispose à une nuit réparatrice. Vous ne pouvez pas accaparer le trottoir, dit l’agent. Attention, dit Watt. Vous voyez, ils commencent à s’agiter. Je me demande si je vais pouvoir les

de bélier, provenant de cette heureuse période. Dans la basse-cour aussi je savais sévir avec beaucoup de chic et de précision. J’avais une façon d’étouffer les oies qui n’était qu’à moi et qui forçait l’admiration générale. Oh, je sais que vous ne m’écoutez que d’une oreille distraite, et même agacée, mais cela m’est égal. Car je suis vieux et le seul plaisir qui me reste, c’est de rappeler, à voix haute et dans le style noble que je hais, les beaux jours qui ne risquent heureusement pas de

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